Partenaires

adapei05.com

À l’Adapei La Source, entre Gap et Romette, un trésor est exposé sur la table de Bernard Fauvel, le directeur, entouré de Pierre Zarev, le directeur du CAT (centre d’aide par le travail) et d’Alain Massot, le directeur adjoint en charge du CAT “Les Oviers”, à Villar-Saint-Pancrace. Leur regard n’arrive pas à se détacher d’AXE 5. C’est une pelle d’avalanche : elle sera fabriquée et commercialisée à partir du 27 septembre dans un atelier du CAT.

Une histoire banale devenue exceptionnelle

Le début de l’histoire est banal. C’est la rencontre de deux copains, un gendarme du peloton de gendarmerie de haute-montagne (PGHM) de Briançon et un moniteur d’atelier du CAT des Oviers. Dans la discussion, le gendarme explique que les pelles d’avalanche dont le peloton se sert ne donnent pas entièrement satisfaction. Piqué dans sa curiosité, le moniteur commence à bricoler sur un bout de table. Trois ans plus tard, l’histoire devient exceptionnelle : le CAT se lance dans la production de la pelle. Les brevets sont déposés, la marque est créée, la fabrication et la commercialisation sont “maison”.

Ces pelles sont en carbone et en fibres aramides, des composites résine-fibres. Les essais sont menés en laboratoire par la société Compositech au Bourget-du-Lac. A chaque étape, les gendarmes du PGHM testent le matériel et affinent le cahier des charges. « Le défi était de créer un produit qui corresponde aux besoins du PGHM », raconte Pierre Zarev. Les technologies les plus modernes, comme l’impression en 3D, sont utilisées. « Les relations sont du type B to B, business to business, précise le directeur. La recherche et les frais de développement sont les mêmes que pour une PME. »

Les obstacles à franchir sont nombreux. Ainsi, les CAT sont financés sur un schéma médico-social : ils ne peuvent pas recevoir des aides pour se lancer dans un projet industriel. Mais l’industrie, qui fournit ces aides aux sociétés de droit privé, ne finance pas ces instituts. « Même l’économie sociale et solidaire ne nous reconnaît pas, ajoute Bernard Fauvel. Seul le programme “leader” du Grand Briançonnais a cru dans le projet et nous a aidés. »

Aujourd’hui, à la veille du lancement de la production, les ouvriers du centre ont hâte de commencer cette fabrication. Ils ont été associés à toute la préparation. « Ils sont friands d’innovation, commente Bernard Fauvel, et on a toujours des bonnes surprises, car il y a des capacités insoupçonnées qui se révèlent. C’est passionnant sur le plan humain, ils ne sont plus l’inutile de trop, ils vont participer à la sécurité du citoyen et au secours en montagne. »

Ce n’est qu’une pelle d’avalanche, mais AXE 5 ne déblayera pas que de la neige. Elle pourrait bien, aussi, dégager le handicap de quelques avalanches de préjugés.

Source : Le Dauphiné